Un peu de sel et du citron : sur le pouce avec le regard qui fixe l’horizon et frétille comme les feuilles malmenées par le mistral. Point de trésor mais au loin: je devine le mat de l’espérance. Du sel, du citron et une langue avide pour se faire une valse à la tequila. Franchement…pourquoi s’offrir des montres? Hop, à la casse, petit serpent métallique tristement prévisible !  J’ai les tongs qui rigolent. C’est bien l’été en novembre. Schlllmmms! Ah…Ouais…Délicieusement acide, ce petit coup. Le citron vert avec le soleil et tous ces moutons qui broutent la mer, moi, ça me rend électrique. Deux secondes, les gars. C’est peut-être la dernière fois que je la vois, Schlllmmms, ma liberté. Ah, ça y est. Ya plus. Tiens, les voilà mes mains.  Ne pas serrer trop fort…

Théâtre antique _Arles

Le génie excuse tout

Tournage - Arles - Octobre 2009

Le génie excuse tout - Chris Darvey

Confidences

Bientôt sur sur nos rétines, le film court “le génie excuse tout” de Chris Darvey. Etrange. Enigmatique. Prenant. On en ressort. Non justement, on n’en ressort pas. Actuellement en montage.  http://directorscute.free.fr/

Tournage - Le génie excuse tout

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MéTAMORPHOSES…

Film d’ouverture

Jean-Claude Garnier, de la compagnie Démons et Merveilles,

a réalisé un montage à partir de captations vidéo des différents groupes.

 

 

  • · Entre Eux de Lionel Parrini
    par Griottes et Bigarreaux

 

  • · Le songe d’une nuit d’été de William Shakespeare par la Compagnie du Message

 

  • · Le Premier d’Israël Horowitz
    par Vendredi-Dix

Pour télécharger le programme de la manifestation, cliquez ici

Pour télécharger le résumé vidéo de la soirée, cliquez ici

Un texte écrit spécialement pour la ville de gardanne : pour découvir la version audio, cliquez ici

 

Bleu

Bleu et mer.

Ciel

Mer

Bleu aux fumées épaisses dessinant dans le ciel des prénoms d’oiseaux

Provence

Errance

Bleu

Bleu et rouge.

Rouge comme la bauxite

Bleu comme les salopettes

Entre le bleu du ciel

Et le bleu des salopettes d’usines

Existe une petite ville

Dans laquelle j’ai grandi

Ici, là, j’en porte l’empreinte

Comme un refrain

Une Douce plainte :

 

 

Cette ville respire comme une femme insomniaque qui rêve

Elle a plusieurs visages

Plusieurs nuances

Rouge,  riche,  pauvre, solidaire

Secrète,  battante,

Effervescente la nuit

Effervescente le jour

Milles lumière dans son sourire

Des Milliers d’ouvriers aux alentours

Toujours debout

Et totalement

Entièrement

Remplie 

D’avenir

Cette femme aime aussi l’amour de ses enfants

Dont je fais parti.

Cette femme-ville comme une petite sœur

Que j’ai appris à aimer avec les yeux

Les yeux

Le cœur.

 Ici, là, j’en porte l’empreinte

Comme un refrain

Une douce plainte

Ecoute bien :

 

 

Elle sait aussi se maquiller

Des ailes de moulins

Un collier de canal

Une forêt autour de la tête et du buste

Elle  n’est pas seulement

Industrielle,

Quelquefois glamour,

Parfois rebelle

Longtemps buveuse de sources

Descendant  dans les profondeurs de la terre

De génération en génération

Creusant au fond

Des mineurs étoilés

Pères de famille

Ivres d’évasion

Et pourtant si fier, si fier,  de danser avec leur pioche

Jeter haut des idées hautes

Embrasser les luttes

Les mains vers l’éternité

Chanter les combats

Les pieds dans l’amitié

Fier de faire tourner, tourner les manches

Pour écrire l’histoire

Pour rester vivant

Je me souviens, oui

De l’écho bruyant

Ici, là, j’en porte l’empreinte

Comme un refrain

Une douce plainte :

Ecoute bien :

 

 

 

Elle est en moi

Dans le ventre

Je viens de son gouffre,

J’ai grandi dans son souffle

J’ai avalé ses odeurs,

Ses contractions

Contradictions

Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite

Mais les murmures de sa peau

Me parvenaient parfois sans sons.

Stockés, ici, dans mon éponge

Je n’ai jamais pris la fuite

Tic tac sensuel

Sur cette terre rouge,

Comme une bouche lumineuse en pleine mer

Un phare qui fait la moue

J’ai vécu, ici, mes premiers  songes

Je me disais : tu veux devenir mineur de fond? Danseur d’aluminium ? Souffleur d’électricité ? Magicien des terres ?

Je ne savais pas si j’étais fait pour

Alors, à mon  réveil

Je suis allé au labour

« Madame, je veux devenir travailleur. »

« Je veux que mon père et mon grand père soient fier de moi ! »

« Je veux savoir faire quelque chose de mes mains. »

 

 

On m’a mis des chaussures à coques

Enfoncé  un casque orange

Collé Des bouchons jaunes au creux des oreilles

Offert une salopette bleue

Et puis donné : un pass.

Je suis allé devant le portail de la centrale thermique.

J’ai donné mon nom

Le portail s’est ouvert, immense.

Des grands murs avec du gris et du soleil

Des tuyaux couleur rouille me lançaient des énigmes !

Ici, là, j’en porte l’empreinte

Comme un refrain

Une Douce plainte :

Ecoute bien :

 

 

Je suis allé en haut de la plus haute cheminée.

J’ai contemplé la sainte victoire.

Trois cent mètres de vertige et  la peur au ventre.

J’étais mort de trouille

Seuls mes yeux bougeaient

A droite

A gauche

Surtout à Gauche

Je regardais le panorama.

Je le trouvais superbe.

Tout en bas, des minuscules chemins en forme de lacets.

A trois cent mètre suspendus dans le vide, une phrase traversa ma pensée.

« Les chemins, de très loin, ressemblent à des rides dessinées  par la pointe amoureuse d’une plume. »

Lorsque je suis descendu de la tour et revenu dans mon petit bureau

J’ai sorti mon calepin

Et j’ai noté cette phrase

« Les chemins, de très loin, ressemblent à des rides dessinées  par la pointe amoureuse d’une plume. »

J’ai attendu quelques temps

Puis j’ai rajouté,

« Avec la sueur, on doit écrire sa vie sur le bon lacet. »

Oui, c’est ici, précisément

Dans cette jungle de métal chaud où j’ai vu de nouveau une passerelle invisible 

qui me disait :

Écrire des usines bleues comme des rêves.

Je me souviens, oui

Ici, là, j’en porte l’empreinte

Comme un refrain

Une Douce plainte :

Ecoute bien :

Écrire des usines bleues comme des rêves.

 

Gardanne

Gardanne

Lieu de mon départ

De mon envol

De ma passion

Des mes amours

Gardanne comme une femme qui m’accompagne

Chaque jour

Toutes les nuits

Depuis longtemps

Elle m’a donné pour enfant

L’élan

J’en prends soin

Et à tous ceux qui disent que ma femme est laide

Je leur dis d’apprendre, d’abord,  à voir !

La poésie s’infiltre partout

Et même dans la sueur des bleus d’usine

Je dirai même : surtout !

passerelles

minedartistes-aff

Bonjour à tous . Je vous informe de l’ouverture d’un atelier d’écriture que je vais animer au théâtre du têtard à Marseille (33 rue ferrari 13005 ) à partir du 14 Septembre 2009 ( tous les lundis de 18h30 à 20h30). N’hésitez pas à communiquer cette information à toutes les personnes susceptibles d’être intéressées par cette aventure ! http://avosplumes.wordpress.com/

Impertubable mer

linéaire ce matin

encore vierge de toutes traces.

“Tout est encore possible”

C’est ce que lui dit le soleil

avec ses caresses.

Le texte qui va suivre a été écrit spécialement pour les photographies d’Angélique Boudet à sa demande. Vous les retrouverez en cliquant sur le lien suivant : http://angeliqueboudet.free.fr/inde/fr/page1.html

Sous ma langue

Humanité. Horizon. Terre. Voiles dansant avec le vent. Pierre. Vent dansant dans les voiles. Couleurs. Vent. Douceur. Sous ma langue, encore, un goût rouge d’épices. Souvenirs. Ta bouche. Ta bouche et le parfum de L’inde. Gestes doux. A côté du temple, pour la première fois, ta main sur la mienne. Sourire dans ton sari vert – gentiment – le temps en suspens – pour la première fois, j’ai entendu ton nom. Caresses. Tu as demandé le mien. Virgule. Pause. Silence. Un autre sourire : le mien. Puis, j’ai soufflé quelques syllabes et nous avons continué le chemin. Ensemble.

Mer. Pas. Pas à pas vers la mer. Blanche tunique. Montre au poignet qui perd de son importance en marchant à tes côtés. Tic tac. Ding dong. Couple de cœurs. Le rythme. Le rythme de ta peau, la pression de l’air, la sueur tranquille, la mousson, le soleil, le mélange, le délicieux mélange des civilisations. Religions. Beauté brute de tes yeux verts. Corps à l’abandon foulant le sol à la recherche de nouvelles saveurs. Diverses. Tête plongeante – ivre de secondes étirées- dans l’eau indienne. Nuque dégoulinante. Respiration. Paupières qui s’allongent. Sortir de l’eau. Coller ses mains sur l’écorce du grand arbre. Thanjavur. Je voulais te connaître. Te connaître autant que ton pays. Frisson humide.

Œil numérique pour mémoriser autrement. Zoom sur notre envie de marcher ensemble vers un même point. Lentement, les deux pupilles – humaines et mécaniques – ont fusionné notre envie d’immortaliser l’instant. Tu es en moi. Loin, très loin je me souviens pourtant de tout. Si bien. Tu es en moi. Marcher encore, nous n’arrêtions pas. Comme si marcher, c’était apprendre. Apprendre à marcher puis Marcher pour apprendre. Découvrir. Marché aux fleurs. Voir. Rose. Rouge. Sentir. Engloutir. Pétales blanches. Mauves. Toutes les nuances. Engloutir. L’ivresse !
Traverser le district de Mysore. Suivre le trésor inconnu dans les interstices des ruelles. Pénombres et couleurs jouant avec des baisers de lumière. Mon cœur : à dix mille tours ! Impossible de quitter ta main. Je ne quittais pas ta main. Je ne quitte pas ta main. Rencontre surprise avec un éléphant majestueux vêtu et maquillé comme une reine imprégnée d’élégance. S’incliner comme les moines. Laisser passer le poids de la beauté cultivée. Impressionnante classe. Continuer la marche. Nandroling. Déjà. Voyager à la vitesse du désir. Contempler cette concentration silencieuse de bouddhistes. Se sentir à sa place. Etre avec toi.

Pauvreté. Bijoux. Richesse. Le bijou entre la pauvreté et la richesse : toujours. Des ornements raffinés en guise d’itinéraire pour s’élever. Ganesh. Et ma ganache sur le sol, éblouie par autant de splendeurs sans exubérance. Beauté. Beauté. Beauté grandissante qui ne t’écrase jamais. Mais, impossible de ne pas voir, derrière cette beauté, toute la douleur – refugiée – dans l’humilité et l’espérance discrète. Misère comme un diamant noir.

Repos. Un temps. Tendre. S’étendre. Te voir allongée sous des lianes caresseuses de joues. Souvenir de la goutte lourde, énorme : petit caillou pour géant. La métaphore du cœur généreux qui peut décrocher à tout instant. Et cette terrible réalité entre mes doigts, amère, et sans appel : Ce que je tiens entre mes doigts, ce ne sont que des photos de toi. Chair froide de papier malgré ta peau brune éclairée par des épluchures de soleil. Tourner les clichés, encore plus vite. Toi. Mains. Nous. Pondichery. Ananta Temple. Mahaballipuram. Nous. Et mes larmes qui mouillent peu à peu cette dernière photo : cette fille qui dessine quelque chose avec ses mains. Cette fille qui a le sourire de la paix. Cette fille, comme une douce promesse joyeuse. Réfléchir un instant. Marcher. Marcher et comprendre qu’il y a des voyages dont on ne revient pas.

Humanité. Horizon. Terre. Voiles dansant avec le vent. Pierre. Vent dansant dans les voiles. Couleurs. Vent. Douceur. Sous ma langue, encore, un goût rouge d’épices. Souvenirs. Ta bouche. Ta bouche et le parfum de L’inde. Gestes doux. A côté du temple, pour la première fois, ta main sur la mienne. Sourire dans ton sari vert- gentiment – le temps en suspens – pour la première fois, j’ai entendu ton nom. Caresses. Tu as demandé le mien. Virgule. Pause. Silence. Un autre sourire : le mien. Puis, j’ai soufflé quelques syllabes et nous avons continué le chemin.