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Du rouge
Autour d’une île
Des hommes sur le sol
Échoués sur leur
Sac de rêves,
Humide,
Ils dorment encore…
Du sable
Du vent
Un signe de la main.
Quand la tristesse se déguise en cortège
Larmes
Poings serrés
Soupirs
Du bout des bottes :
Un cercle d’enfant
Des souvenirs à la pelle
Respiration.
Contemplation.
Envie de
Envie de
Toucher leur peau
Chercher le pouls
Aie !
Non!
Oh!
Devant moi :
Ces hommes sont morts !
Glissent
Vers
L’instant
Au loin
Au centre
A gauche
A droite
Par là
Ou ça ?
Quoi ?
Des rumeurs et
Des humains
Faire mine d’oublier
L’air de rien.
Oser le tour.
Demi-tour
L’image gravée
Des membres endormis.
Laisse tomber
Avancer
ou fuir !
Du rouge
Autour d’une île
Des hommes sur le sol
Échoués sur leur
Sac de rêves,
Humide.
Ou vont-ils ?
L’enfance revient au galop
Pêche au bord de mer
Gorgée de bière
Fermer les yeux
Ça, c’est le cowboy
Ça, c’est l’indien
Et Pan
Répétitions
Et Pan
Chapeau retrouvé
Chapeau troué :
Le morceau qui manque ?
Une toute petite partie de la vérité
Fuyante
Désuète
et
I N F I N I
Coup de grappe.
Sloupps.
Mal au bide
Calibre
Munitions.
Attends !
Tu sens ?
Vent de la montagne
Patience
et Mercurochrome…
Du rouge
Autour d’une île
Des hommes sur le sol
Échoués sur leur
Sac de rêves,
Humide,
Peau
Horloge
Il est
Il est
L’heure.
Pas à pas
Tic tac
Un, deux,
Un, deux
Deux, un,
Un deux
Voilà
Et
Une ombre
Là-bas !
Dans horizon
Imposante
L’ennemi ?
Appeler un chat, un chat
Arme-toi
Ouais
Protège-toi
Ouais et
Plus un bruit.
Prière.
Au nom de l’amour
Et par amour
Sachez
Mesdames,
Messieurs
Que je ne vie que par…
Peur
Envie
Doute
Querelle
Gouffre
Mystère
Souffle
Froid au bout des doigts
Ou sont mes Moufles ?
Mains vers le ciel
Lune cachée
Eclatant shérif
Zèle au zénith
Arrogance des dieux
Gourde d’alcool
Nager
Perdu
Dans – quelle planète ?-
Terre…
Nuque glissante
Main
Ciel
Espérance
Pieds dans le
Dans le présent
Les anciens… ?
Silence
Bougie.
Flamme joueuse dans la galaxie des taxis
Qui promènent les hommes d’un point A vers un point B.
Anachronisme
Stationnement gênant.
Cigarette.
Gyrophare.
Vite, un agenda : ici, je t’ai aimé, toi !
Précisément à cette tâche.
Toi, je t’ai aimé.
De cette date à celle-ci et jusqu’à maintenant.
Encore maintenant.
Je te le dis
Le goût de tes pêches est dans mes os, mon p’tit !
Retour dans le désert
Corps qui décide
Toujours
Toujours
Main
Doigts
Craie
Dessin
Dessine-moi une plaie.
Je t’aime
Eponge
Je t’aim
Eponge
Je t’ai
Eponge
J’t…
Eau
Frotter fort comme deux amants qui se cachent
Ou qui se cherchent
J’ai deux ans et demi dans ma peau de trente berges
Souffler les trente cinq verges
Et glou et glou et glou
Mains vers le ciel
Paupières closes
Bouches ouvertes
Laisser le monde
Accomplir ses caprices
Une ombre à l’horizon approche
La même silhouette
d’une autre époque ?
Apelle un chat, un chat.
Un nid à rêves cela existe-t-il ?
Nuque en arrière
Paupière close
Bouche ouverte
Laisser venir la vie
Le temps
Les contractions
Contradictions
Toute cette chaire humaine
Imbibée d’envie
Inventez
Survivre
Inventez pour revivre
Crier !
Ma très chère
Mon très cher
Je te le dis
Je t’aime
Je suis vivant
Et je joue au prince,
Veux-tu que nous plantions ensemble des tomates ?
Délire d’un jeune homme seul sur une île à silence.
Je suis Nous
Nous sommes à présent je
Je et Nous
Nous et je
Je vous noue
Nouer jusqu’à la gorge
Regarder le ciel
Encore lui,
Obstinément
Le regarder
Regarder ce ciel, oui
Voir l’océan
Bleu
Toucher ce bleu
Le prendre
Le peindre
L’apprendre
L’Etreindre
Avec la force de l’instant qui reste
Unique
Précieux
Voir le ciel
Dans la mer
Et Répétez
Ma très chère
Mon très cher
Je t’aime
Je vous aime
Je n’ai jamais cessé.
Les pieds dans le présent.
A chaque instant
Je vous ai aimé
Et vous aimerai encore
Aimerais tant que je serai en vie
VICTORIEUSEMENT
Mon dieu !
Il pleut !
Enclume
Sueur
Jardin
Légumes
Fruits
Rigoles
Rides
Et…
Un peu de rouge
Sur une presqu’île
D’hommes
Échoués sans
Dom-tom
Ciel bleu
Soleil nu !
Ciel nu
Soleil bleu
Comme moi
Couleur liquide
Des peaux d’anges
Dévêtis-toi
Et danse
Sur des secondes euphoriques
Bafouant des formules magiques
Un plus un égale
ARDOISE
NOIRE
Avec des
MOTS BLANCS
Cassés
Cassés
Rien, ne veut rien dire
Tout a un sens
Invisible
Impalpable
Muet comme un mur
Et pourtant présentes :
Les ivresses mortifères !
Regarde ce morceau de sparadrap
Abandonné sur mon cœur
Mercurochrome
Il s ‘appelle « tam tam »
Et il bouge encore
Du rouge flamme
Sur une île d’exil
Des hommes se dessinent
Sur le sol,
Échoués sur leur
Sac de rêve,
Humide,
Ils m’ouvrent leur porte.
Alors,
Enfin,
Le but s’illumine et,
Lentement,
Je plonge
THEATRE DE PAPIER
Lectures partagées
Lectures dialoguées à haute voix de pièces de théâtre contemporaines éditées par la toute nouvelle maison d’édition basée à Valbonne, Les Enfants du paradis.
En présence de certains auteurs qui liront eux-mêmes des extraits de leurs pièces.
Vendredi 30 Janvier
De 13h 00 à 14h 00
Médiathèque communautaire de Valbonne
1855, Route des Dolines, 06560 Valbonne Sophia-Antipolis
Tel : 04-92-19-76-00
AU PROGRAMME
1/ « Cartons » de Valérie d’Amodio
2/ « Juste un grain » de Valérie d’Amodio
3/ « Le café de la place » de Marie-Agnès Courouble
4/ « Editions à limiter » de Laure Louis
5/ « Le placard – La loi des chaises – Bord de mer » de Philippe Pilato
6/ « Sécheresse », de Lionel Parrini
VOIX
Marie-Agnès Courouble (comédienne, auteur, metteur en scène)
Valérie d’Amodio (auteur)
Laure Louis (comédienne, auteur)
Eric Louis (metteur en scène, comédien, éditeur de théâtre)
Je suis rentré dans la maison des enfants du paradis. C’est facile à imaginer. C’est un cocon coquet qui protège les rêves et qui les encourage à devenir vrais.
Il y a dans cette maison une lueur invisible qui se balance, qui danse, qui chauffe nos esprits en murmurant : je suis la passion.
Passion, cette magnifique maîtresse…
Tu ne cherches donc jamais ta place dans cette maison. Puisque tu fais instantanément – acrobatie des sentiments élastiques – parti du cocon.
Se voir pour la première fois et déjà, le cœur nu, l’abandon, la confiance.
Offrir sa vulnérabilité sans la moindre réticence.
Tout devient alors possible.
Les histoires se bousculent, les cœurs cognent, les mains font des claquettes.
C’est la fête !
Un bateau s’avance dans la mer avec un équipage qui a la foi !
« Tu y crois » dit le bitume ?
« Mieux » répond l’écume : « j’ai la joie ! »
Tout le monde se met à danser, la ronde est parfaite, l’ivresse présente.
Mais pas une ivresse sotte, juste imbibé d’alcool délicieux, une ivresse lucide.
C’est à dire remplie de lumière et d’exigence pour faire en sorte que ce feu puissant du groupe uni qui résiste à la dictature du « sois bien sage et fais ce que tu n’aimes pas » devienne : « le cœur que nous habitons est le nôtre, faisons lui vivre la danse qu’il souhaite et peu importe la durée de cette danse. Ensemble, nous ferons un bruit de coquelicots ! Ces fleurs d’amour sont pour ceux qui aiment lire ! »
Voilà qui est dit, intérieurement…
Longue et profonde respiration.
Un temps.
Puis, un autre verre.
Rires.
Regards.
Silence transporteur de mots.
Encore du vin, je veux bien.
Divin.
Ça aussi, oui, encore un petit peu : des caresses de friandises rares ( pépites de générosité ) puis enfin plus rien.
Vraiment plus rien.
Juste le destin
Et la liberté entière et sublime
De pouvoir écrire toutes les pages qu’il faut écrire.
Pour commencer, donc…
Des pages qui gonflent.
Car il nous faut des voiles sur notre bateau d’anges!
Essentielles pour se laisser porter par le vent…
et découvrir d’autres horizons…

Du bout de mon nez et près des mes lèvres le murmure intérieur d’un secret rejoint la promesse éternelle d’une mer qui brille et qui m’appelle : vient, disparaît en moi le temps d’un baiser.

Le porte bonheur, pour Philippe Pilato
Un porte bonheur c’est une porte invisible.
“Porte”, ouvre toi, j’ai tellement de choses à vivre!
Sais-tu qu’il y a dans mon coeur et mon ventre, mon ventre et mon coeur, de la place?
De l’espace?
Porte toi bien disait mon grand-père…
Ou-est-il?
Je suis ici et je t’attends,
Toi, l’inconnue
L’inconnue avec un e parce que le monde est femelle.
Pas vrai chérie lontaine?
Pas vrai maman?
Vide de peau étrangère,
avide de va et vient,
“porte” vas-tu t’ouvrir sans l’aide de mes mains?
je suis si bien avec toi…
Tout est possible
D’ailleurs, regarde, je te parle, tu bouges, j’existe.
Ma porte.
Ma vie.
La vie et toutes ses portes que je ne pourrai jamais ouvrir.
Puis, un jour, plus rien.
Plus de mots
Plus de portes
Juste un courant d’air.
Quelque chose qui t’enveloppe, qui te prend et te transporte
dans un monde infini à l’ouverture immense où ne demeure que du bleu, et la présence d’une porte, unique, sans mur…
A quoi cela peut-il bien servir se dit le poète solitaire?
A rêver lui murmure le vent.
A nous faire rêver.
L’écriture dégouline sur le front de l’homme.
A présent il comprend
“Ecrire son rêve dans la rage permet d’ouvrir toutes les portes.
Ecrire sans encre, ça commence toujours comme ça…”
Alors, il quitte subitement sa plume et se met à marcher.
insouciant
Puis, quelques lunes plus tard,
- la récompense du désir poétique -
Il rencontre plus loin – enfin – son porte bonheur.
Immédiatement, il le sait.
Son être devient sourire
Sa vie, une éternelle issue
Le plus beau voyage, n’est-il pas de se rencontrer?
Il respire et – tendre petit rictus – finit par fermer les yeux .
