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PRINCESSE GLAIVE
Prince des chiffrons !
Vous êtes un homme, oui, et après?
Regardez-moi.
Ne faites pas celui qui joue la honte.
Votre main tient une arme, ce n’est pas pour faire de la figuration.
Si vous êtes venu, je le sais, c’est pour pénétrer.
Me pénétrer.
Pénétrer mon cœur.
Ne faites pas semblant de rire, vous n’avez pas envie de rire,
Regardez-moi :
Vous voulez pénétrer mon cœur ?
Tombez cette lâcheté,
Assumez votre désir,
Approchez,
Respirez un peu de ma haine,
Touchez mes hanches pacifistes.
Vous me faites l’affront de ne pas bouger, de ne pas répondre ?
Je suis si insignifiante à vos yeux pour mériter ce mépris?
Dites-vous bien : votre silence ne servira de toute façon à rien car j’ai moi aussi dans ma main une arme que je manie depuis l’enfance et je peux d’un seul coup vous fendre la tête. Cela vous fait sourire : une femme contre moi ?
Vous avez peur.
Pas que je vous tue, mais d’être obligé de me tuer.
Regardez-moi,
Vous serez obligé de me creuser avec le bout de votre pointe,
Je ferai tout pour défendre mon secret.
Je me battrai.
Je ne vous laisserai aucune permission,
Aucune pitié,
Il y a dans mon ventre plus de rage qu’il y en a dans tous les ventres de vos soldats !
Cette terre est la mienne,
Et je veux l’offrir à tous les moteurs,
les moteurs sont des hommes extraordinaires qui crachent des poèmes,
Supprimer cette terre, c’est leur ôter le pouvoir de donner de la musique.
La musique est essentielle.
Les mots qui viennent du cœur doivent claquer dans le soleil de nos oreilles,
Ils brillent d’une vérité fugace que seuls les cœurs libres peuvent recevoir.
Spectateurs,
Acteurs,
Sculpteurs,
Musiciens,
Peintres,
Poètes,
Cinéastes,
Photographes,
Danseurs,
Sans eux, toutes les avancées sont calculées, prévisibles, automatiques, handicapées de certitudes.
Les fleurs pourrissent dans les rêves sans oasis.
Êtes-vous libre, Prince du Chiffre ?
[…]
Êtes-vous libre, Prince du Chiffre ?
Dans chacun de vos gestes, il y a l’obligation d’emporter les trophées,
Qu’importe d’ailleurs ce que vous gagnez,
Il vous faut surtout des récompenses,
Des majestueuses et peu importe les vies que cela doit briser, n’est-ce pas ?
Le cœur blindé et la course folle.
Vous êtes né par le mensonge
Vous respirez du mensonge
Vous vivez dans le mensonge
Vous êtes un mensonge à vous tout entier,
Vous crèverez avec lui : la plus belle richesse est de s’appartenir.
Les mots vous ont abandonné, à la place du cœur, vous avez un porte-monnaie.
Vous n’êtes qu’un instrument ivre de vos stratèges, mais aucun ne vous apporte la fertilité de l’esprit.
J’ai une triste nouvelle à vous annoncer :
Vous avez oublié l’enfant que vous étiez.
Votre humanité s’est déplacée.
Vous ne savez plus pleurer.
Votre cœur est un cœur sans « pouls ».
Orphelin, Je vais l’engloutir.
Glaive contre glaive. Vous êtes prêt ?
Roulement de tambours
D’où viennent ces battements de tambour ?
Un instant.
Un temps court
Reculez, ça ne compte pas. Il y a du vacarme métallique dans mon crâne, vous entendez ? Il se passe encore des choses confuses dans ma tête.
Reculez !
Ça recommence : le rhinocéros et les jonquilles.
L’amandier et les tulipes.
Je ne divague pas.
Je peins.
Je recommence à peindre,
Elle lâche le glaive
je n’ai pas besoin de glaive, ni de pinceaux, mes mains feront l’affaire.
Nudité : belle et féroce, la plus pénétrante des félicités.
Le corps est une arme.
Vous voulez danser avec moi ?
Elle se touche son corps.
Prince du chiffre, ma peau est une conduite qui lèche la bouille d’un clown mélancolique,
ma bouche, une épave muette qui laisse, molle, les danseurs répandre leurs prouesses élastiques.
Tout va bien dans le sens de la paix.
Je plie mon corps dans la démesure, aucune césure, une demi-mesure, le « SOL MI DO » dos à dos de ma musique.
Je plie.
Je m’ouvre.
Je dégouline comme la cire d’une sculpture sans sculpteur.
Je vous aime comme on aime les paradoxes au son d’une plainte, d’un faux-détour, d’une main râpeuse, d’une rengaine boueuse, je vous aime comme une victime innocente ébloui par la rage de vivre !
Un temps court
Ouvrez-vous, je m’ouvre à vous par amour du monde !
Jamais plus, au delà des nuages, je ne, le long des nuages, laisserai couler le doute, du haut de mon nuage, je, du haut de ce nuage, te prouverai que je suis un nuage : aime-moi sans me toucher !
Si vous ne connaissez pas encore ce poète dramaturge, je vous invite à lire le poème ci-dessous. Je vous invite également à découvrir son blog : http://surlephil.wordpress.com/ , une mine de textes aux effets renversants.
”SANS SUBSTANCE”
sans substance illicite
sans explication
je
prends
je
donne
sans papiers ni mauvaises intentions
je
ne
te demande
rien
je
te prends
tout
je
la chair
toi
et dans le désordre de la chair
l’étrange texture de l’âme
rêve des voleurs et des grands couturiers
je te
couds
découds
craque
déchire
froisse
plie
déplie
je
avec
ou
sans
ton lit
avec ou sans ton
oui
je suis contre
toi
je
pour
toi
je
viens et
de toi je me
drape
de moi je te
drape
au point
au bord
de l’asphyxie
nos langues
nos yeux s’arrosent d’une essence nouvelle
auto
inflammable
et de
toi
moi
nous
on
ne
retrouvera
que
de belles
cendres
pailletées
une
poudre
insolente
illicite
sans
sans
substance
Prendre un rêve et le secouer.
Ne garder que le cœur de ce rêve
Le secouer encore
Voir ce qu’il en reste
S’il en reste
Le mettre dans son propre cœur
Et marcher de nouveau.
Le cœur léger.
Ecorce d’orange sur peau de quartz
Cognac liquide entre les doigts
Poussières de sable dans cheveux cuivre
Pouce autour du poignet sans pouls
Froid de givre au dessus des vagues phares
Parasol baiseur de fourches enfouies
Mouches volantes dupées par la pub du pastis
Mirage bleu de la chaise longue éternelle à cinq étoiles
Biche traversant plage avec au cou des verbes sans bouées
Saint Bernard barman corsaire étend, libre, son robinet
Poste de secours panoramique avec vue sur la chair
Lunettes Gucci contre Police, Ray, rabane et jazz
Huile étincelle pour fruits polis et, oui, entrée gratuite
Langues vivaces s’abstenir ou bien, rapide, le style au juste endroit
Traqueur de liberté sauvage en uniforme playmobil
Contours bruyants forêts de membres en mouvements
Pistolet chargé à l’ambition des horizons tranquilles
Moteur flashé à l’ombre du rhum et des glaces ellipses
Amour limonade et drapeau charade au milieu des restes
Enfants dans ciel suivant banderole sur le poker
Châteaux de pelles et des mamans Miko qui fondent
Dans le regard des autres papas pas à vendre malgré l’envie
Réciproque de ramasser le noyé et d’en discuter, précis, dans un lit
Jambes chorégraphiques dessinant l’alphabet dans le vide
Invitation par les courbes de secouer de la musique
- tambourinades -vend chichis et beignets !
Ventre abandonné sur pédalo avec toboggan solitaire
Amour vaquant et poumons au bord du gouffre faisant du stop
Y-a-t-il un cœur ici qui veut bien sortir avec moi ?
Plouf sous des flots de gouaches et d’eau cyan
Glou glou glou et fantaisie lunaire
Main au large secouant le cocktail de détresse.
Tasse amer avec des oursins imaginaires
Cherche pièce pour péage d’oxygène
Descentes aux poitrines aquatiques
Bisous orphelin sur front humide
Rencontre ancre pour flirt liquide
Au dessus l’espace des rêves profonds
Coque de bateau comme des coquilles de noix
Rayons jaunes identiques aux frites terrestres
Bouche avide cherche bouche à bouche pour vivre
Souffle dans poumons piscine
J’habite Aquarium Land
Apelle moi demain
Ça me fera plaisir
Mon numéro
C’est le
C’est le
Mon numéro
Le
J’habite Aquarium land.
Et…
La plage se vide.
Je
Je t’aime
Et..
Silence
Amen.
J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, écouter ses chansons
http://www.fredoviola.com/audio.html
Une préférence pour “the sad song”
