Nous avons le doigt qui s’agite quand nous sommes en proie à recevoir et que rien ne vient.
Nous savons très bien où le placer et qu’en faire, ce que nous faisons d’ailleurs très bien, nous le posons, là, et nous agitons la chose comme il se doit pour que se taise une bonne fois pour toute ce souffle intérieur imprévisible, violent, cette force organique qui se fait de plus en plus bavarde quand elle milite pour l’épanouissement ou autre volonté affreuse.
Cette force qui exige d’obtenir TOUT et IMMEDIATEMENT.
Caprice qu’il faut taire, par nécessité, et que nous réussissons à neutraliser en agitant le doigt, toujours le même, ici, en l’agitant, là, comme il le faut : religieusement.
Envie de se donner à celui qui voudra bien donner aussi un peu de son temps et de son trouble.
Rompre avec la souffrance du manque, le devoir de se livrer pour se libérer, délivrer la rage du vide par le plaisir de se combler, en stimulant par agitation le doigt ciblé sur la juste évidence du corps et de sa dictature, jusqu’à ce qu’il s’abandonne et que j’oublie enfin, vaincu, mes origines, mon nom, et le rôle que je porte dans cette société ultra-lucrative.
Agiter vite, oui, pour oublier tout ça.
Appuyer là, souvent.
Le répéter chaque fois que cela est nécessaire.
Avec précision.
Exactement comme un doigt sur la détente.
Viser la jouissance.
Tuer la douleur.

1 comment
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29 juin 2009 à 08:57
surlephil
tes ennemis s’empareront de ce nouveau brûlot comme d’une proie facile (mais qui même sous la torture ne leur dira rien d’autre que leur connerie méchante)
tes amis y reconnaîtront ta liberté que ton corps porte aux claques du vent
en étendard époustouflant
avec toi le texte/chair agrippe le lecteur par l’intérieur du ventre/coeur pour le plonger dans l’urgence de ce que tu appelles la (belle et libre et décoiffée, chemise révolutionnaire déchirée ouverte sur poitrail tendu/offert comme tambour battant) dictature du désir/plaisir
ton doigté (élégance terrible de ton écriture) n’a d’égal que cette vie violente qui partout allume des incendies…
et puis, j’en suis sûr, tu n’as pas d’ennemis…