Nous avons le doigt qui s’agite quand nous sommes en proie à recevoir et que rien ne vient.

Nous savons très bien où le placer et qu’en faire, ce que nous faisons d’ailleurs très bien, nous le posons, là, et nous agitons la chose comme il se doit pour que se taise une bonne fois pour toute ce souffle intérieur imprévisible, violent, cette force organique qui se fait de plus en plus bavarde quand elle milite pour l’épanouissement ou autre volonté affreuse.

Cette force qui exige d’obtenir TOUT et IMMEDIATEMENT.

Caprice qu’il faut taire, par nécessité, et que nous réussissons à neutraliser en agitant le doigt, toujours le même, ici, en l’agitant, là, comme il le faut : religieusement.

Envie de se donner à celui qui voudra bien donner aussi un peu de son temps et de son trouble.

Rompre avec la souffrance du manque, le devoir de se livrer pour se libérer, délivrer la rage du vide par le plaisir de se combler, en stimulant par agitation le doigt ciblé sur la juste évidence du corps et de sa dictature, jusqu’à ce qu’il s’abandonne et que j’oublie enfin, vaincu, mes origines, mon nom, et le rôle que je porte dans cette société ultra-lucrative.

Agiter vite, oui, pour oublier tout ça.

Appuyer là, souvent.

Le répéter chaque fois que cela est nécessaire.

Avec précision.

Exactement comme un doigt sur la détente.

Viser la jouissance.

Tuer la douleur.